21/12/07

"La Graine et le mulet" : famille, couscous et immigration



"La Graine et le mulet" : famille, couscous et immigration

Le dernier film d’Abdellatif Kechiche est sorti en France un mercredi

Le corps en gros plan : sur ce bateau qui fait visiter le port de Sète aux touristes, la caméra commence par cadrer de très près le genoux d’une femme. La Graine et le mulet aime les corps : le montage serré épouse le mouvement permanent de la vie, les acteurs sont filmés de près, avec une sensualité et une empathie telle qu’une tension les anime même dans les scènes les plus triviales. Une famille se réunit pour le couscous du dimanche, un groupe de musiciens à la retraite discute leur participation à une fête, une femme crie sa solitude dans le couple… Le grand art de Kechiche est de nous scotcher à l’écran sur des scènes de la quotidienneté sans que les deux heures trente du film ne pèsent un instant. Cela ne l’empêche pas de jouer le suspens mais nous ne vivrons jamais la résolution des tensions induites, n’apprenant ou ne devinant les choses que par la suite, au hasard d’une conversation. Tant et si bien que dans cette suspension permanente, personne ne revendique ou ne dénonce mais que c’est l’humanité de chacun qui transparaît et partant l’absurdité des préjugés à l’encontre des Français d’origine arabe.

Car c’est bien là le projet du film : inverser le regard méprisant sans slogan, à hauteur d’homme. Slimane est un vieil immigré que l’on largue sans ménagement après 35 ans de chantier naval. Il ramène du port des mulets, ce poisson qui s’adapte à tous les milieux et se contente de peu. Sa famille résonne d’échos similaires : on y discute du gâchis des couches-culottes que l’on jette ou de l’infidélité du fils, on propose au père de retourner au bled. Cette famille regroupée autour de son ancienne femme n’apprécie guère sa logeuse et amante dont la fille entretient avec lui une relation affectueuse et protectrice. Le discret Slimane a peu la voix à la parole. Il n’est pas le macho qu’on nous présente généralement comme archétype de l’homme arabe. Mais le mulet est un poisson qui étonne, capable de sauter si haut qu’il échappe au filet. Lui qui porte sur son visage toute l’abnégation de ces immigrés "de la première génération" qui se sont sacrifiés malgré la dureté du labeur et les humiliations pour préparer l’avenir de leurs enfants, saura rebondir avec un projet ambitieux, un restaurant aquatique spécialisé dans le couscous de poisson.

C’était compter sans le scepticisme ou le mépris des autorités bancaires ou administratives. Cette dose de réel fait du film un document implacable. Mais ce n’est pas l’aspect documentaire qui prend le dessus : chaque scène est traitée comme une aventure, si bien que l’émotion nous rend les personnages extraordinairement familiers. Comme dans le néoréalisme italien, nombre de scènes ne participent au récit que par leur apport à la chronique sociale qui se met en place, mais ces digressions narratives évoquent davantage la structure du conte. Car c’est bien d’un conte social qu’il s’agit, la réalisation d’un rêve où le héros surmonte les épreuves à l’aide de ses proches. C’est pourtant la tragédie qui s’imposera, dans un film aux multiples strates, qui ne refuse ni le mélo ni l’épique et penche aussi volontiers vers la comédie. L’acteur-réalisateur Kechiche ne réussit cette délicate alchimie que par un travail au scalpel avec ses comédiens, auxquels il a fait répéter des scènes de Tchekhov ou Marivaux sans rapport direct avec le film. "Je n’en comprenais pas toujours l’intérêt, mais ça nous a tous aidés", indique Hafsia Herzi, qui interprète avec une magnifique présence le rôle de la fille de la logeuse qui accompagne Slimane dans ses démarches. "En jouant "La Demande en mariage", où deux paysans tombent amoureux l’un de l’autre, il y a ce côté terre-à-terre, naturel, qui m’a servi pour le personnage de Rym". Hafsia Herzi a d’ailleurs été récompensée par le prix de la meilleure jeune actrice à la 64ème Mostra de Venise, tandis que le film emportait le prix spécial du jury. Elle est effectivement hallucinante de justesse de ton, dans la lignée des jeunes de L’Esquive, le précédent film de Kechiche dont le couronnement aux Césars avait contribué à l’immense succès public. Sa tentative de convaincre sa mère de venir à l’inauguration du restaurant malgré la jalousie de la famille de Slimane reste gravée comme une véritable scène d’anthologie. Cela dure et ça nous tire les larmes : cette durée est nécessaire pour que derrière la gouaille d’une ado d’aujourd’hui se profile l’émouvante franchise envers sa mère d’une fille qui en a gros sur la patate. Ces choses simples prennent le poids de la vie et fait que, sans tambours ni trompettes, La Graine et le mulet bouleverse durablement.

Au-delà de la vitalité de Rym et de toute la famille qui se démène pour que Slimane vive son rêve, celui-ci partage le destin tragique de Krimo qui ne peut jouer l’Arlequin dans L’Esquive ou de Jallel qui sera expulsé dans La Faute à Voltaire : cette société embourbée dans les rejets et les discriminations ne permet pas à ces personnages de se réaliser. Le constat est d’autant plus cruel qu’autour de Slimane, c’est une véritable solidarité familiale qui se bâtit. Mais si Kechiche veut clairement mettre en avant la beauté de ce qui unit et fonde cette communauté, il ne tombe pas dans l’angélisme : le souci de la mère d’offrir une assiette au pauvre ne saurait masquer l’hypocrisie grotesque du mari volage ou la dureté des ados du quartier. Son approche contemplative du quotidien soutient un récit où, allié à travers Rym à une jeune génération qui se fait graine d’avenir, Slimane se définit un projet qui lui permet d’exister dans sa différence sans se renier. Ce sont à la fois cette approche et cette vision qui donnent à La Graine et le mulet son époustouflante acuité.

Olivier Barlet, Afrik & Africultures, le 12 décembre 2007

Hajj : Des arnaques pour aller faire son pèlerinage à la Mecque



Hajj 2007 : Ils ont arnaqué mes parents


Le hajj est une formidable occasion pour quelques larrons de s’enrichir très rapidement en quelques jours aux dépens des prétendants au pèlerinage à La Mecque. La semaine dernière, nous recevions le témoignage désespérée d’une jeune fille dont les parents ont été arnaqués par une agence de voyage. Voici ce qu’elle nous écrivait.

Plus de 800 personnes se sont fait escroquer par des agences de voyage peu scrupuleuses, mais très connues sur la place de Paris et prêtes à abuser de leur crédulité, qui leur proposaient un forfait pour le hajj. Aujourd’hui, ces personnes se retrouvent sans argent et sans passeport et avec l’impossibilité de réaliser leurs rêves de voir la Kaaba. Elles ont été abandonnées par les autorités de tutelle et l’ambassade saoudite a refusé de les informer ce qui aurait été un minimum.


Aujourd’hui, le CRCM d’Alsace communique à son tour sur la gigantesque arnaque dont ont été victimes cette année plus de 1 500 personnes qui ne partiront pas à La Mecque, qui ne retrouveront pas leur passeport et qui ne sont pas certaines de retrouver les 2 à 3 000 euros payés chacune.

Communiqué de presse

Hajj 2007 : des milliers de pèlerins victimes d’une poignée d’escrocs

Malgré le long travail de terrain et de prévention du CRCM Alsace, initié il y a plusieurs années, auprès des responsables associatifs et des fidèles, cette année encore, des centaines de pèlerins se sont fait arnaqués par des voyagistes et des rabatteurs malintentionnés.

Conscient des risques encourus par les futurs pèlerins et soucieux d’éviter que l’arnaque au pèlerinage ne fasse, comme les années précédentes, de nouvelles victimes, le CRCM d’Alsace a distribué dès le mois de novembre un guide de prévention : le Guide du hajj sans souci, coédité avec Al-Kanz, un blog dédié à la communauté musulmane de France. Pourtant, si le guide a été bien accueilli, nombre de personnes attirées par des prix alléchants se sont laissé séduire par les arguments mensongers des rabatteurs travaillant, illégalement pour la plupart, pour le compte d’agences-voyous.

Depuis début octobre (mi ramadan), les publicités douteuses et mensongères se sont multipliées et avec elles leurs lots de rabatteurs: Manasik Voyage, une agence située à Genève et réputée pour son manque de sérieux, ses expériences calamiteuses et ses pratiques opaques, a occupé le marché en pratiquant une politique de prix cassés. Autant de signe qui accrurent notre inquiétude.

De fait, le CRCM d’Alsace a pris les devants en mettant directement en garde les rabatteurs, officieux ou liés par contrat à cette agence suisse, Manasik Voyage, qui fait l’objet de deux procédures judiciaires, à Lyon et à Mulhouse.

Plus de 1 500 personnes en France (dont plus de 600 personnes en Alsace et sur le Territoire de Belfort) qui ont fait confiance à Manasik Voyage sont aujourd’hui dans l’impossibilité de se rendre à La Mecque, alors qu’elles ont payé ce qu’il fallait. Elles n’ont plus de passeports et il est peu probable qu’elles soient un jour remboursées. Manasik Voyage est en faillite. Trois avions que l’agence a affrété sont parti presque à vide, ce qui représente un million d’euro de pertes. Comment dans ces conditions pourrait-elle remboursés les pèlerins arnaqués ?

Le rôle des rabatteurs dans ce désastre est énorme. Bien qu’aujourd’hui ces derniers plaident la bonne foi et accusent les autorités saoudiennes et leurs services d’ambassade et consulaires, qui ont fait un travail remarquable, leur complicité est établie : ils savaient que les agences avaient dépassé leur quota de visas, mais continuaient à vendre des billets au-delà de ces limites. Ils savaient en outre que Manasik voyage, située hors espace de la Communauté européenne, ne pouvait utiliser les visas qu’elle a obtenus pour des pèlerins qui ne résident pas en Suisse !

Le CRCM d’Alsace partage l’indignation des victimes de ces escroqueries et invite les pèlerins floués à se regrouper pour porter plainte contre l’agence malhonnête et contre les rabatteurs en pénal, en pointant notamment l’infraction liée à la publicité mensongère.

Il faut enfin s’inquiéter du silence du CFCM et de sa commission pèlerinage. Alors que le problème est d’ampleur nationale et que les arnaques au pèlerinage étaient prévisibles, le Conseil français du culte musulman a été totalement absent. Quelle est donc la légitimité d’une telle institution qui laisse ceux dont elle a la charge en proie aux escrocs ? Le Guide du hajj sans souci aurait dû être une initiative du CFCM et non celle du CRCM Alsace et d’Al-Kanz.

Al-Kanz, le mardi 11 decembre

18/11/07

Carte représentant les différents mouvements au Moyen Orient...



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Comme on peut le remarqué tout est dit dans la légende… :)

Un diplomate américain pense qu'il faudrai 10 ans d'occupation en Iran (cas d'attaque)



Une frappe américaine contre l'Iran nécessiterait l'occupation du pays pendant 10 ans (diplomate américain)

13:33 | 15/ 11/ 2007

WASHINGTON, 15 novembre - RIA Novosti. Une frappe balistique américaine contre l'Iran serait un échec si les États-Unis ne sont pas prêts occuper ce pays pendant au moins dix ans, a indiqué le diplomate américain Lawrence Wilkerson dans un rapport présenté jeudi au Congrès américain.

"Si nous ne sommes pas prêts à introduire assez de troupes en Iran, à écraser les centaines de milliers de partisans et à occuper le pays durant au moins 10 ans, le résultat (de notre frappe) sera un échec beaucoup plus important", a déclaré le colonel en retraite Wilkerson, ancien assistant et chef de l'appareil de l'ancien secrétaire d'État américain Colin Powell.

Le rapport présenté par M.Wilkerson aux auditions parlementaires consacrées aux éventuelles conséquences régionales et globales d'une opération américaine contre l'Iran porte sur deux scenarios de frappe militaire américaine avec l'utilisation d'avions décollant d'aérodromes terrestres et de porte-avions, ainsi que de petits commandos parachutés sur le sol iranien.

Selon le premier scenario, les États-Unis porteront une frappe moyenne pour détruire les ouvrages nucléaires iraniens. Le deuxième scénario prévoit une frappe plus importante appelée à anéantir les éléments clés de l'infrastructure iranienne - "chemins de fer, routes automobiles, aérodromes, réseau de transport d'électricité, gazoducs, systèmes de télécommunications, de gestion et de commandement, etc.".

"Le premier scénario ne fera que ramener le programme nucléaire iranien d'un ou deux ans en arrière, mais il peut aussi inciter les Iraniens à travailler 24 heures sur 24 pour rattraper leur retard comme ce fut le cas en Allemagne nazie après les bombardements stratégiques de la Seconde guerre mondiale", a noté l'ancien assistant de Colin Powell avant de rappeler que l'industrie allemande s'était même développée après les raids de l'aviation alliée.

Des frappes plus destructrices peuvent souder cette nation de plus de 70 millions d'âmes. Le nationalisme et la haine à l'égard des États-Unis seront des facteurs d'unification du peuple. L'Iran lancera "une guerre asymétrique" partout où les troupes américaines sont vulnérables, surtout en Irak, au Qatar, au Koweït et dans d'autres régions du Golfe", a conclu le diplomate.

(NOVOSTI)

01/11/07

Carte représentant les populations berbères au Maghreb...



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Légende en couleur… :)

Dossier : Guide du hajj édition 2007



Télécharger gratuitement le guide du hajj sans souci

Lundi 29 octobre 2007

Le gigantesque marché du pèlerinage ne pourra être assaini que lorsque les musulmans eux-mêmes se décideront à agir pour mettre hors-circuit les bandits qui le gangrènent. C’est un devoir d’autant plus urgent et impérieux qu’il est à la portée de tout le monde. Que chacun prenne ses responsabilités, que chacun se sente concerné : il ne faut pas attendre qu’un membre de sa famille se fasse avoir pour se décider à dénoncer les pratiques frauduleuses. Car à ce moment-là il est trop tard. Il faut s’y prendre dès aujourd’hui et refuser que des organisateurs véreux abusent des prétendants au pèlerinage à La Mecque.

C’est à cet effet qu’Al-Kanz s’est associé au conseil du culte musulman d’Alsace pour éditer le Guide du hajj sans souci 2007. L’objectif est d’offrir aux futurs pèlerins et à leur famille la possibilité de décrypter les nombreuses offres pendant les semaines qui précèdent le hajj et de séparer le bon grain de l’ivraie. En une dizaine de pages, le guide relève les points auxquels il faut prêter une attention particulière. Nous n’avons pas cherché à être exhaustifs. Nous avons cherché à être efficaces. Il ne s’agit pas non plus d’un guide de formation au hajj, mais d’un guide de prévention contre les agences malintentionnées. L’idée est que les lecteurs puissent s’approprier rapidement le guide et trouver avec aisance l’information qu’ils recherchent.

Ce guide est le vôtre. Vous pouvez le télécharger, le photocopier, l’afficher dans votre mosquée ou chez votre boucher (page à page) et le distribuer autant que vous le voulez. C’est même fortement conseillé : plus les gens seront prévenus et sauront lire entre les lignes des prospectus farfelus, moins les organisateurs douteux réussiront à flouer les pèlerins. C’est l’ignorance qui fait leur fortune.

Si vous voulez télécharger le guide ou l’image qui figure au début de cet article et les mettre sur votre site, vous pouvez aussi. La seule chose que nous vous demandons, c’est de ne pas vous approprier ce travail et de ne pas le modifier.
Les choses ne changeront véritablement que nous si nous oeuvrons pour qu’elles changent in châ’a-Llâh. Agissons.

Pour finir nous remercions Amen Voyage International pour son soutien, sans qui nous n’aurions pu faire imprimer et diffuser ce guide. Réalisé presque sans moyen, le Guide du hajj sans souci a tout de même pu être imprimé en 7 000 exemplaires et distribué en Alsace, mais aussi en Franche-Comté et en région parisienne.

(Al Kanz)

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Guide du hajj gratuit édition 2007 (version PDF) => : http://al-kanz.org/blog/guide_hajj_2007_sans_souci.pdf

15/07/07

Israël/Syrie : Crainte d'une guerre !



Israël redoute une guerre avec la Syrie

De notre correspondant à Jérusalem PATRICK SAINT-PAUL.

Publié le 12 juillet 2007

Un an après le conflit qui a opposé l'État hébreu au Hezbollah, les services de sécurité pressent Ehoud Olmert d'ouvrir des négociations avec Damas.

UNE GUERRE avec la Syrie serait « au moins dix fois pire » pour Israël que le conflit qui avait éclaté le 12 juillet 2006, il y a tout juste un an, entre l'État hébreu et le Hezbollah. Les services de renseignements militaires israéliens ont lancé cet avertissement à l'occasion de l'anniversaire du conflit, prévenant qu'une telle confrontation pourrait voir le jour si le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, n'engageait pas de sérieuses négociations de paix avec Damas.

Depuis que sa force de dissuasion a été mise à mal, l'été dernier, Israël observe la montée des périls l'entourant avec une inquiétude croissante. En attendant une très hypothétique relance du processus de paix israélo-syrien, Tsahal revient donc à ses fondamentaux : préparer la guerre pour avoir la paix.

Les renseignements militaires israéliens estiment que la Syrie ne recherche pas la confrontation armée avec Israël de façon imminente. Ils ont cependant observé une augmentation des préparatifs de l'armée syrienne en vue d'un conflit, depuis la guerre du Liban.

De son côté, tirant les leçons de son échec au Liban, Tsahal a multiplié les exercices de grande envergure sur le plateau du Golan et à la frontière nord d'Israël, afin d'être préparée à la prochaine guerre. Les renseignements israéliens redoutent qu'un conflit éclate à la suite d'une « erreur de calcul » le long de la frontière, pouvant entraîner des attaques de guérilla contre Tsahal. Celles-ci pourraient alors provoquer une escalade entraînant un conflit régional, impliquant le Hezbollah et un soutien logistique iranien.

Pour l'instant, la Syrie a rejeté les offres de reprise du dialogue lancées par Ehoud Olmert. Les négociations avaient été interrompues en janvier 2000, en raison de divergences sur la question du Golan, occupé par Israël depuis 1967. La Syrie, qui a exercé un contrôle sans partage sur le Liban jusqu'en avril 2005, « y fait ce que bon lui semble. Elle permet à l'Iran d'armer le Hezbollah, l'arme massivement elle-même et le remet militairement sur pied », accuse le général Amos Gilad, conseiller auprès du ministre de la Défense, Ehoud Barak.

Selon les estimations de Tsahal, le Hezbollah a refait son stock d'armes et disposerait de missiles plus perfectionnés qu'auparavant. Israël a identifié une liste de cibles à frapper en Syrie. Mais si une guerre éclate, Damas a la capacité de frapper Tel Aviv avec des centaines de missiles.

Une liste de cibles

Ehoud Barak, un ancien chef d'état-major qui vient de prendre ses fonctions à la Défense, s'est donné comme priorité de « rétablir la force de dissuasion » de Tsahal écornée par ses ratés au Liban. « Une armée à deux raisons d'être : faire la guerre ou la préparer », lance le général Gabi Ashkenazi, qui a pris l'hiver dernier la tête de l'état-major. Exercices et formations militaires financés par des fonds d'urgence se sont enchaînés ces derniers mois avec une intensité jamais vue depuis des années.

Le gouvernement israélien n'hésite pas à évoquer ouvertement la possibilité d'un conflit avec les forces de Damas ou celles de Téhéran. Selon les estimations israéliennes, Téhéran possédera l'arme nucléaire au plus tôt mi-2009 et au plus tard en 2012, et adoptera, dès lors, une politique plus agressive de soutien aux divers mouvements de « résistance » anti-israéliens.

Rendus trop confiants par des succès faciles contre des militants palestiniens souvent mal organisés, mal formés et mal équipés, les soldats israéliens ont souvent perdu de vue les exigences du combat conventionnel. Dangereuse également, l'idée que la supériorité technologique et l'abondance de matériel ultraperfectionné permettraient d'assurer la victoire sans avoir à occuper un vaste territoire avec de l'infanterie et des blindés, selon le schéma d'une guerre classique.

Le Figaro

L'histoire réel sur le Sahara Atlantique



La vérité sur la guerre du Sahara

Archives, cartes, recoupements, multiples entretiens avec des officiers d’active… Karim Boukhari et Amale Samie ont creusé le plus loin possible pour reconstituer la trame d’une guerre qu’on connaît mal. Une enquête exclusive.

Que sait-on vraiment de cette guerre ? Pendant 30 ans, la lourde chape hassanienne, puis le réflexe de peur, ont confiné les Marocains dans l’ignorance de ce qui a été, pourtant, une véritable épopée militaire. 5 phases principales l’ont marquée : l’effort de conquête et ses préparatifs (1973-1976), le harcèlement de l’ennemi et les défaites successives
(1976-1980), la pénible érection du mur de protection et le renversement graduel de la situation (1980-1987), avant le statu quo final, puis le cessez-le-feu (1991). Chronique d’une guerre méconnue.

1973 - 1976 occupation du terrain

Dès 1973, le Maroc a compris son erreur initiale d’avoir sous-estimé le Polisario. "Le ralliement immédiat du Polisario à l’Algérie et, derrière, son adossement financier et militaire à la Libye et à pratiquement tout le bloc de l’Est, a été vite digéré, nous expliquent des officiers à la retraite. Le Maroc n’a été ni bien conseillé, ni bien préparé à livrer bataille. Mais, il a compris que l’Espagne allait quitter le Sahara et que le reste allait se réduire à une course contre la montre". En 1974, Hassan II saisit la Cour internationale de justice de La Haye au sujet du statut du Sahara. En parallèle, il fait appel à son homme de confiance du moment, Ahmed Dlimi, qui réendosse sa tunique de militaire. À partir de 1974, Dlimi et ses hommes tenteront des incursions-éclair dans le Sahara contrôlé par l’Espagne. Quand, en 1975, la CIJ de La Haye et l’ONU rendent leur copie (en gros, oui à une auto-détermination pour le Sahara), Hassan II déduit que le territoire reviendrait à celui qui l’occuperait en premier, aussitôt que les troupes espagnoles auraient décampées. D’où l’idée d’une Marche verte vers Laâyoune doublée, à l’est, d’une pénétration militaire. L’Espagne de Franco a tout compris et a choisi, sur la fin, de laisser faire. "Pourquoi Franco aurait-il fait la guerre au Maroc puisque l’Algérie, via le Polisario, allait immanquablement le faire ?, nous explique un gradé marocain. L’Espagne voulait bien retirer ses troupes du moment qu’elle s’était assurée en partie le contrôle des phosphates et de la pêche dans la région et de la sauvegarde des îles Canaries en regard du territoire disputé". C’est en 1975 que le Maroc effectue, pour de bon, des missions de reconnaissance aérienne dans le ciel du Sahara. Dlimi et ses hommes préparent déjà un ratissage du terrain, loin de la côte atlantique.

Tout est prêt pour concrétiser le coup de poker tenté par Hassan II : une Marche verte vers Laâyoune. Un véritable coup de génie. Ou comment occuper symboliquement la "porte" du Sahara, mettant les voisins et la communauté internationale devant le fait accompli, tout en s’assurant le consensus de la classe politique et en tenant éloignée une armée qui restait sur deux tentatives successives de coups d’Etat, en 1971 et 1972. Le 6 novembre 1975, donc, 350.000 civils, accourus des quatre coins du royaume, marchent vers Laâyoune, en partant de Tan Tan, escortés par des avions-éclaireurs. Les "marcheurs" ne vont pas jusqu’à Laâyoune, mais ils ont le temps de franchir la ligne de démarcation symbolique via le poste frontière de Tah. Le Maroc a ouvert la porte et mis les pieds dans l’ancien Sahara espagnol ! Pratiquement dans le même temps, Dlimi entame l’opération Ouhoud, du nom d’une célèbre guerre sainte de la première ère islamique. Militairement, la surprise est totale. Pendant le déroulement de la Marche verte vers Laâyoune, Dlimi pénétrait le Sahara en douce, à plus de 100 km à l’est, en "raflant" au passage les postes de Farsia, Jdiriya, Hawza et, plus tard, Mahbes, finissant de nettoyer tout le secteur de Smara. Le tout sans opposition notoire. L’occupation du terrain est en marche et Franco, de son lit de mort, a donné à ses troupes l’ordre de ne pas tirer. Le 14 novembre, le Maroc signe les accords de Madrid dont la Mauritanie, qui hérite du contrôle du tiers sud du Sahara, est la troisième partie prenante. Les troupes de Mokhtar Ould Daddah s’emparent de Lagouira avant de marcher, plus tard, sur Dakhla. L’Algérie dénonce, le Polisario regroupe toutes ses troupes du côté de Tindouf, alors que sa direction multiplie les va-et-vient jusqu’à Alger.

Début 1976, le décor est bien planté : la Mauritanie contrôle théoriquement le tiers-sud du Sahara et le Maroc les deux tiers nord. L’Algérie se prépare et prépare le Polisario à la guerre. Alors que la communauté internationale se relève encore du choc, tout est prêt pour une guerre qui sera, beaucoup plus, une course effrénée pour occuper les villes, plutôt que d’investir entièrement un territoire à la configuration d’un no man’s land difficile à sécuriser. Pour Dlimi, qui commande les troupes marocaines, la stratégie consiste à occuper le terrain par paliers, horizontalement, en s’enfonçant graduellement vers le bas, via de longues colonnes blindées. En face, l’Algérie arme le Polisario et l’envoie récupérer les positions prises par les Marocains. La guerre du Sahara à proprement parler peut commencer.

1976 - 1980 : La grande désillusion

L’euphorie née de la pénétration en douce des unités de Dlimi dans le Sahara n’a pas duré longtemps. Dès janvier 1976, une première grande bataille a lieu autour d’Amgala, entre des troupes marocaines et algériennes. Les Marocains gagnent la première manche, laissant 200 victimes algériennes sur le sable. La victoire est totale et le Maroc, sur ordre de Hassan II, choisit de "se contenter" de la prise de 100 prisonniers algériens. Le calcul du monarque est simple : le Maroc a gagné la bataille, mais il n’a pas envie de déclencher une guerre contre l’Algérie. D’où le choix de libérer une bonne partie des captifs. Le calcul, en tout cas, sera juste, puisque cette bataille maroco-algérienne, plus connue comme Amgala 1, restera comme la seule confrontation réelle entre les troupes des deux pays. Quelques semaines plus tard, le Maroc perd Amgala suite à la riposte polisaro-algérienne. Et à partir de là, les deux (ou trois) adversaires se livreront à un interminable jeu du chat et de la souris. Le Maroc occupe déjà plusieurs villes. Pour conforter ses positions, il se heurte au problème du ravitaillement.

Le Polisario sort alors ses griffes. Grâce à sa très grande mobilité, il déploie sa technique de la guérilla en multipliant les attaques surprise de toutes parts. "C’est, comme nous l’explique cet officier, une guerre sans front, où les embuscades sont monnaie courante". Les Marocains, à leur grande surprise, découvrent que le Polisario, comme cela nous a été confirmé par plusieurs sources, est "mieux équipé, mieux préparé" à une guerre qu’il pressent longue. Écoutons la confidence de ce pilote de chasse marocain : "On effectuait nos missions aériennes à l’œil nu. Pour beaucoup d’entre nous, on recevait notre formation sur le tas. J’ai tiré, faute de discernement, sur des positions marocaines… En face, le Polisario n’avait pas d’aviation, mais avançait dans des chars ultrasophistiqués pour l’époque, équipés d'infra-rouge, qui leur permettaient d’attaquer et de cibler juste même la nuit". En plus, et tout au long de cette année 1976, les unités du Polisario s’infiltraient dans le massif de l'Ouarkziz qui surplombe la gara de Tindouf. Occupé à libérer les villes du Sahara, le Maroc n’a pas cru l’Algérie capable de donner le feu vert au Polisario pour s’attaquer aux parties non contestées du Maroc. Le Polisario a fini par faire de cette montagne marocaine un véritable bunker et une base de lancement des attaques contre les positions marocaines.

L’année 76 verra aussi la mort d’El Ouali, le fondateur du Polisario, en plein champ de bataille sur le front mauritanien. Il est remplacé, à la surprise générale, par Mohamed Abdelaziz, voulu et imposé par les Algériens. Sur les champs de bataille, le Maroc perd considérablement du terrain. L’aviation marocaine multiplie les missions. Au point qu’on l’accuse d’avoir eu recours au napalm lors d’une de ces missions… Le Polisario multiplie les attaques, notamment à partir de 1978, contre les positions marocaines. En parallèle, l’Algérie déstabilise la Mauritanie politiquement, et le Polisario l’use militairement. L’été 1978, déjà, le président mauritanien Ould Daddah est renversé par Ould Haïdallah. L’année d’après, la Mauritanie se retire tout simplement du Sahara. La guerre, qui fait rage, devient celle du Maroc et de l’Algérie. Hassan II contre Boumediène. Deux modèles de gouvernance diamétralement opposés.

Avec le retrait de Nouakchott, le Maroc se retrouve avec un territoire de près de 270 000 km2 à sécuriser. Une tâche d’autant plus difficile que le Polisario, désormais, multiplie les attaques de l’intérieur même du territoire mauritanien, en partant des villes du Nord, dont Zouerate. Ou Bir Moghrein. En août 1979, et à l’évacuation de Dakhla et tout l’Oued Eddahab par la Mauritanie, les forces marocaines investissent la ville, après une course contre la montre avec les unités du Polisario venant de Zouerate et de Bir Moghrein. Les Marocains arrivent plus vite que leurs adversaires ; le 11 août, ils sont à Dakhla. Le 14, ils commencent à sécuriser la province. Mais les lignes de l’armée marocaine s’étirent, le ravitaillement se perd en cours de route. Le Maroc recule et, en dehors des grandes villes comme Boujdour et Dakhla, il se cantonne au Nord et à ses trois points stratégiques que sont Laâyoune, Boucraâ et Smara. Tout autour, le Polisario tisse un axe de défense "mobile" qui va jusqu’aux portes de Boujdour. En janvier 1979, par exemple, il pousse le luxe jusqu’à occuper, quelques heures durant Tan Tan, violant allègrement la souveraineté marocaine. La désillusion, qui durera jusqu’en 1980, est alors d’autant plus grande que, sur le plan diplomatique, le Polisario marque des points. Sans être un fiasco, la guerre du Sahara semble alors très mal engagée et un changement de stratégie, d’abord militaire, devient urgent.

1980 - 1987 : Le mur par lequel le salut arrive

En 1980, Dlimi, sur les conseils des experts du Mossad israélien, lance le chantier d’un mur de sable, qui tracera de nouvelles frontières à l’intérieur du Sahara. "L’idée, se souvient un officier, est de défendre les positions marocaines, les villes comme les immensités désertiques, et surtout de choisir désormais les champs de bataille". Dlimi s’appuie sur ses trois colonnes blindées, Ouhoud, Arak et Zellaqa, fortes de 20.000 hommes chacune, pour creuser des sillons à travers le Sahara. Août 1980, le premier mur est en construction, qui protège le triangle névralgique Boucraâ-Smara-Boujdour. Le Polisario, sentant venir le danger, intensifie les attaques et accumule les démonstrations de force (bateaux de pêche arraisonnés non loin de Boujdour) avant l’achèvement du premier mur en 1982. Une année auparavant, Hassan II avait surpris tout son monde, à commencer par la classe politique marocaine, en acceptant, sans doute pour répondre à la pression de la communauté internationale, l’idée d’un référendum. Politiquement, une brèche est ouverte. Et tout devient possible. Le Maroc reprend militairement du poil de la bête. Mais, politiquement, il a bel et bien concédé du terrain pour sa souveraineté. C’est alors que l’armée, à son tour, et au bout de près d’une décennie de combats, pour reprendre l’expression d’un témoin de cette guerre, "contre des ennemis souvent invisibles", donne des signes de fatigue.

Que se passe-t-il au juste avant que Dlimi, un certain jour de janvier 83, trouve la mort dans un accident de voiture pour le moins irréel ? Nul ne le saura jamais, même si, des années plus tard, la CIA déclassera une partie de ses archives pour placer l’ancien commandant de la zone Sud parmi une longue liste d’assassinats politiques. L’assassinat de Dlimi changera, en tous cas, la donne au Sahara. Militairement, et surtout politiquement. Abdelaziz Bennani, voire Driss Benaïssa, Abrouk ou le colonel Britel qui dirigeront plus ou moins la manoeuvre à la suite de Dlimi, iront chercher leurs consignes auprès du roi. Hassan II décide, par exemple, que le "droit de suite" (possibilité de poursuivre les intrus en dehors du mur), auquel sont dédiées les brèches qui séparent le mur sera désormais astreint. "Le but, nous explique un officier à la retraite, est d’éviter de nouveaux affrontements directs avec l’armée algérienne en poursuivant l'assaillant loin du mur". Politiquement, Hassan II fait de Driss Basri son représentant personnel au Sahara, et bientôt son interlocuteur aussi bien auprès des Algériens que des émissaires de l’ONU. Le Sahara, qui continue d’être un champ de bataille, vaut au Maroc moins de morts et de prisonniers.
Mais, diplomatiquement, le retard accusé par le royaume dès les années 70 par rapport au Polisario et à l’Algérie s’agrandit.

En 1984, la RASD (République arabe sahraouie démocratique), proclamée dès 1976, est reconnue par l’OUA (Organisation de l'unité africaine). Le Maroc, trahi par ses amis africains, claque la porte de l’OUA et se ferme complètement. Il se reconcentre sur son effort de guerre et lance la construction d’un deuxième mur, toujours loin de Tindouf. Les escarmouches reprennent de plus belle, comme si chacun s’était mis d’accord, de part et d’autre, qu’aucune solution politique n’était envisageable avant la désignation d’un vainqueur et d’un vaincu à la guerre. En 1987, pourtant, le Maroc remporte une victoire morale : le 6e et dernier mur est achevé. Oued Eddahab est définitivement sécurisé, fermant ainsi le front mauritanien et ouvrant la voie, l’année d’après, au Plan de paix présenté par le S.G de l’ONU, Javier Perez De Cuellar.

1987 - 1991 : La fin d’une guerre inutile

L’année 1987 s’annonce sous de meilleurs auspices pour le Maroc. Il stabilise la situation. Le Polisario triomphant du début des années 80 s’essouffle graduellement. Il ne parvient plus à inquiéter Dakhla, complètement sécurisée. Le dernier mur, celui qui longe la frontière avec la Mauritanie, est enfin terminé. Il protège aussi Tichla et Aousserd dans l’est de la province d’Oued Eddahab. Mais les attaques rageuses ne cessent pas. En février, mars et novembre de cette année, le Polisario effectue raid sur raid le long du mur qui va maintenant de M’hamid El Ghizlane à Guergarat, à 55 km au nord de Lagouira, pour éprouver les défenses marocaines soumises à rude épreuve. Mais désormais, la pression va changer de camp. Le Polisario laisse trop de victimes pour une armée, déjà sans hiérarchie, dont l’effectif peut aller jusqu’à 30 et 40.000 hommes, selon les périodes. La Libye ne fournit plus d’armes depuis longtemps, les "guerilleros" ont pris de l’âge et comme nous le dira le journaliste tunisien Abdelaziz Dahmani (il prépare un ouvrage sur le sujet) : "La relève n’était pas à la hauteur. Finie la connaissance du terrain, la guerre avait l’âge des recrues". En fait, ces soldats formés en Union soviétique n’étaient pas destinés à la guérilla mais à une guerre plus conventionnelle. Toujours selon Abdelaziz Dahmani, c’est là qu’a résidé l’erreur qui sera fatale au Polisario en tant que force militaire. Les jeunes ne connaissaient le Sahara que par les cartes ou par les "excursions" à l’est des murs. C’est alors le commandant Ayoub Lahbib, dernier chef de guerre, qui fait l’essentiel de la pugnacité du Polisario.

Les opérations continuent tout de même. Le mur est solide mais pas infranchissable. Le Polisario utilise, par endroits, la technique des bombardements pour forcer le passage. Des incursions sont aussi signalées à travers l’une ou l’autre des cinq "brèches", qui séparent les six portions du mur. Défaillance des radars de surveillance ? Erreurs à mettre sur le compte de certaines négligences et défauts de transmission ? En août et en décembre1987, puis en janvier 1988, des accrochages acharnés se déroulent tout le long du mur. Ils feront près de 300 morts de chaque côté. Mais c’est désormais une guerre sans grande conviction et politiquement inutile même à celui qui l’entretient. Surtout que le Maroc et le Polisario avaient accepté le plan de paix de l’ONU, le 30 août 1988. Pour négocier en position de force, le Polisario essaie de faire le forcing, mais le 11 décembre il abat un avion américain par erreur. Durant cette même année, la situation politique est désastreuse pour les dirigeants du Front. Une révolte ouverte a explosé dans les camps de Tindouf.

Une de ses conséquences sera le ralliement de 6 membres de la direction du Polisario, dont Omar Hadrami. Le Polisario tente toujours de s'adapter à des confrontations conventionnelles auxquelles le mur, désormais achevé, l’oblige. Ayoub opère par concentration de blindés. Les derniers combats significatifs auront lieu à Gueltat Zemmour, en octobre 1989, en janvier et en novembre 1990 où le Polisario laissera près de 100 morts sur le terrain. C’est à cette époque-là, selon Lahbib, rentré au Maroc depuis, que le Polisario apprend à "percer" le mur avant de faire demi-tour sous le feu de l'aviation marocaine. Il faudra attendre août 1991 pour que la guerre cesse définitivement. L’armée du Polisario se désagrège encore et ne compte plus, selon la majorité des observateurs, que 2000 à 6000 réguliers. Bizarrement, alors, quand le cessez-le-feu bilatéral est enfin proclamé le 6 septembre 1991, le Maroc est militairement au plus fort alors que le Polisario est au plus bas ! Mais continuer était plus inutile que jamais. Malgré quelques dernières escarmouches, la guerre du Sahara était bien finie.

Genèse du Polisario : "Le cabinet royal nous prenait de haut"

Le Polisario doit son existence au tandem des frères Mustapha Sayed : El Ouali et Bachir. Le premier suivait des études de médecine, le deuxième faisait son droit, tous les deux à l’université de Rabat. Très actifs dans la capitale du royaume, El Ouali et Sayed militent pour la décolonisation du Sahara, alors sous occupation espagnole. Au début des années 70, le rêve de décolonisation se transforme peu à peu en rêve d’indépendance. Les "Sahraouis" tapent à la porte des partis dont ils souhaitent la caution politique. Ils vont de l’UNFP où ils sont reçus par le duo Bouabid – Benjelloun, à l’Istiqlal où El Fassi – Douiri leur donnent la réplique. Les partis ne bronchent pas, jugeant le timing "mauvais pour soulever la question". En fait, ils n’osent pas, craignant un retour de bâton de la monarchie, avec laquelle les relations, déjà, sont au plus bas. Les Sahraouis n’abdiquent pas et vont jusqu’à solliciter Ahmed Balafrej au Cabinet royal. L’entrevue reste sans lendemain. Sans doute une question de standing, les conseillers du roi Hassan II voyant mal celui-ci accorder audience à des jeunots menés par un Che Guevara des sables. "On nous a pris de haut", diront les jeunes Sahraouis aux leurs, dont beaucoup n’ont jamais digéré que le Maroc de l’Indépendance n’ait pas "allongé" le pas jusqu’à récupérer les provinces du Sud. C’est la rupture.

En 1973, El Ouali et son frère Bachir, auxquels s’ajouteront Mahfoud Ali Baïba, Mohamed Lamine Ould Bouhali, Brahim Ghali, Mohamed Lamine Ahmed, Omar Hadrami et Ayoub Lahbib, originaires pour la plupart de la puissante tribu des Rguibat, fondent officiellement le Polisario ou front de libération de Sakiat El Hamra et Ouad-Addahab (Rio de Oro pour les Espagnols). El Ouali regagne le Sud avec ses compagnons, dont une partie lorgne déjà sur Tindouf, ancienne bourgade marocaine rattachée à l’Algérie du temps de la colonisation française, définitivement abandonnée par Hassan II dans les suites de la guerre des Sables de 1963. Le Polisario, né d’une frustration marocaine, tombe dans les bras du voisin algérien qui y voit une aubaine pour s’ouvrir sur l’Atlantique. Ce qu’on appellera plus tard le conflit du Sahara occidental est né, pratiquement en même temps que le Polisario.

Défense : Et le mur fut

Dès 1979, l’idée d’un mur de défense s’impose comme une évidence pour les autorités marocaines. Construit en six étapes, s’étalant de 1980 à 1987, il comporte cinq "brèches" censées assurer le droit de suite pour les troupes marocaines. Des tranchées de plusieurs mètres sont creusées en plusieurs endroits en contrebas du mur, de façon à minimiser le risque d’une incursion adverse. Tout le long du mur, des unités de surveillance se relaient aux unités d’intervention, équipées de radars et protégées de barbelés. Chaque mur est censé sécuriser la zone qui le sépare de l’Atlantique. D’une longueur totale dépassant les 2500 km, le mur de défense est surveillé par plus de 90.000 hommes. Une bande de plusieurs centaines de mètres de champs de mines en interdit l’accès.

Armement : Petits arrangements entre amis

Le Front Polisario a été armé par la Libye dès 1973. Lors de la halte d’Atar, Kadhafi, en visite officielle en Mauritanie en 1972, demande abruptement au président Mokhtar Ould Daddah de l’aider à fonder un mouvement de libération du Sahara. Il ne fera pas impression sur le président, il contactera donc des Sahraouis encore sous occupation et leur offrira des armes légères qui serviront à attaquer les premières garnisons espagnoles. L’Algérie commencera à équiper le Front dès 1975, mais c’est seulement en 1976, au plus fort de la guerre du Sahara, que cet apport deviendra massif.

Le Polisario sera très vite muni de missiles sol-air Sam 6 et Sam 7 et de chars soviétiques. D’abord des T 54 puis 55 et T 74. C’est l’une des premières grosses surprises de cette guerre, qui en réservera d’autres. Mais les armes viennent aussi des pays de l’Est. C’est la Yougoslavie et la Corée du Nord qui fourniront au Polisario des armes qu’il utilisera dès mars 1981 pour abattre un transporteur de troupes C 130, deux bombardiers F 5 et un hélicoptère. L’Algérie fournit aussi des canons de 122 mm et tout le carburant nécessaire. Les Libyens livrent des transporteurs de troupes, des missiles et des roquettes. Tout cela dépassait de loin les prévisions des Marocains. "(…) Sur le plan militaire, nous allons encore avoir des ennuis", disait Hassan II en 1984, alors que le Maroc commençait à se ressaisir.

Le royaume, quant à lui, a été équipé d’avions F1 américains et de mirages français. Pour les chars, il était aussi équipé de T 54 et T 55 soviétiques et d’AMX 30 français. Parmi les autres fournisseurs du royaume, on pouvait retrouver la Roumanie et, surtout, l’Afrique du Sud. Pour les effectifs, le Polisario comptait sur un contingent régulier de 15.000 hommes, pouvant grimper par périodes jusqu’à 40.000. Le Maroc, en face, avait mobilisé jusqu’à 120.000 hommes.

Le Maroc, qui possédait une armée conventionnelle, surtout mal préparée et un matériel trop lourd pour le terrain, comptait d’abord sur son aviation. Le Polisario, lui, comptait sur sa mobilité et sa connaissance du terrain. Il est passé, dans une deuxième étape (celle du mur), à une tactique plus conventionnelle, basée sur des percées avec des chars lourds. La suite démontrera que le calcul n’était pas forcément bon.

1991-2004 : Depuis le cessez-le-feu…

En août 1988, déjà, le Maroc et le Polisario avaient approuvé le plan de règlement de l’ONU, mais sans doute en espérant, chacun, forcer la décision par les armes. En juin 1990, et malgré l’adoption du plan, chacun poursuit son propre plan : durer et porter la guerre sur le plan politique pour le Polisario, courir derrière la légitimité internationale et rattraper près de deux décennies d’erreurs politiques et d’absences diplomatiques pour le Maroc. Le Plan, outre les dispositions référendaires, crée la Minurso en 1991 (Mission des Nations unies pour le Sahara Occidental) qui, avec ses 1000 hommes, veillera à l’identification des votants et au respect du cessez-le-feu. C’est à cette époque, déjà, qu’apparaîtront les premières difficultés pour la définition du corps électoral. Pendant ce temps, la communauté internationale tente de réunir, pour de bon, les deux parties autour d’une table de négociation. Mais les résultats restent frustrants. C’est le 16 septembre 1997 que seront signés les accords de Houston sur la reprise du processus d’identification et la mise en œuvre du plan de règlement. Mais le contenu de ces accords et particulièrement le dernier point qui stipule que "les tribus contestées se présenteront individuellement devant la commission d’identification" provoque la colère des tribus Tekna, essentiellement dans le nord du Sahara. Blocage général et retour à la case départ.

En septembre 2000, le Maroc propose pour la première fois une solution négociée dans le cadre de la souveraineté marocaine. Le Polisario s’en tient au référendum. Nouveau blocage. C’est James Baker qui revient à la charge, cette fois en mai 2001, avec un projet d’accord-cadre qui accorde les pouvoirs locaux de gestion aux Sahraouis, le Maroc gardant tous les attributs et prérogatives de la souveraineté, sécurité, diplomatie, finances. Le Polisario refuse. Le 19 février 2002, c’est le tour du S.G de l’ONU, Kofi Annan, de proposer quatre options dont l’une est inédite : la division du territoire entre Marocains et Sahraouis. L’Algérie accepte, le Maroc refuse, imité en cela par le Polisario. Pas de troisième option. Les résolutions se multiplient et la Minurso prend racine au Sahara quand, le 31 juillet 2003, le conseil de sécurité adopte la résolution 1495 qui remet les compteurs à zéro : un référendum d'autodétermination après 4 ou 5 années de transition. L'éventualité d'une indépendance est clairement évoquée. Le Maroc formule une contre-proposition qui pourrait ouvrir la voie à un État fédéral sur le modèle espagnol. Ce qui passerait forcément par une révision constitutionnelle. Vous avez dit surprise ? Réponse de l'ONU le 30 avril prochain.

Tel Quel

La communication entre les Etats-Unis et l'Iran sur le Golf est de 24h/24...



Les Etats-Unis et l'Iran à l'étroit dans le golfe Persique

11 juil. 2007

Deux porte-avions et plus de cent navires côté américain, plus de cent quarante côté iranien : pour manœuvrer au large des côtes iraniennes, les deux marines "ennemies" sont pourtant contraintes de négocier quotidiennement.

L'Iran et les Etats-Unis ont des positions tellement éloignées sur certaines questions qu'ils seraient bien incapables de s'asseoir autour d'une table pour en parler. Pourtant, sur les voies maritimes encombrées du golfe Persique, les commandants des navires de guerre américains et iraniens se parlent tous les jours.

Ils y sont bien obligés : ils se marchent pratiquement dessus dans un petit jeu de surveillance, de contre-surveillance et de positionnement géopolitique.

"Nous opérons très près des eaux territoriales iraniennes, dans un espace très réduit et avec un trafic énorme, qu'il s'agisse des petits dhows [embarcations traditionnelles] ou des supertankers", déclare le capitaine de vaisseau Sterling Gilliam Jr, qui commande les opérations aériennes du porte-avions Stennis.

Le moindre changement de cap exige une conversation avec les marins iraniens. Quand les vents du Golfe s'apaisent, ce porte-avions de 100 000 tonnes accélère jusqu'aux 25 nœuds requis pour propulser les avions de son pont d'envol de près de 330 mètres de long. Mais, pour ce faire, il commence par prévenir la flotte des gardiens de la révolution qui croise dans le voisinage.

"Nous respectons à la lettre les procédures internationales en vigueur", explique le capitaine de vaisseau Bradley Johnson, le pacha du Stennis. "Nous les contactons par radio et nous leur disons : ‘Commandant, je voulais simplement vous prévenir que nous allons virer de bord et prendre tel cap pour être face au vent de façon à pouvoir assurer nos opérations de décollage.'" Les Iraniens répondent, selon lui, de façon professionnelle et courtoise : "Merci beaucoup pour cette information. Nous allons virer à tribord. Veuillez nous guider."

Près de la moitié des 227 navires de guerre américains sont stationnés près des côtes de l'Iran, où croise la plus grande partie de la flotte iranienne - une flotte estimée à 140 bâtiments de surface et 6 sous-marins, selon le site Internet de veille géostratégique GlobalSecurity.org. Le Stennis a à son bord plus de 60 avions et le Nimitz, qui croise également dans le Golfe, en compte des dizaines d'autres.

Selon les marins du Stennis, leurs avions sont destinés aux opérations de maintien de la paix et à la lutte contre la rébellion en Irak, en Afghanistan et en Somalie. Mais, selon eux, ils sont aussi là pour adresser un message à l'Iran, que les Etats-Unis accusent de poursuivre un programme clandestin d'armement nucléaire et de soutenir les extrémistes antiaméricains au Liban, en Irak et en Afghanistan.

"A mon avis, nous sommes ici pour montrer notre détermination et pour protéger nos amis", assure le captitaine de frégate Marcus Hitchcock, le second du Stennis.

Avec deux porte-avions dans le Golfe, les Etats-Unis peuvent opérer 24 heures sur 24 et mener potentiellement 180 opérations de bombardement et de surveillance par jour sur l'Iran.

Cette présence signifie également que les Etats-Unis sont peut-être en train de déployer des armes nucléaires à bord de ces navires stationnés à quelques kilomètres des côtes iraniennes.

Borzou Daragahi

Los Angeles Times/Le Courrier International

Le Sahara Atlantique : Ca progresse, ca progresse...



Sahara occidental : la tenue d'un nouveau cycle de négociations est encourageante, estime l'envoyé de l'ONU

11 juillet 2007

L'Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Peter van Walsum, a présenté aujourd'hui au Conseil de sécurité un exposé sur les négociations entre le Maroc et le Front POLISARIO, qualifiant de positive la tenue d'une deuxième réunion les 10 et 11 août prochain à Long Island.

Réitérant les termes de son récent rapport, l'Envoyé personnel a rappelé que la réunion s'était tenue au domaine Greentree Estate les 18 et 19 juin, comme prévu.

Le rapport indique que les représentants des pays voisins, l'Algérie et la Mauritanie, étaient présents aux séances d'ouverture et de clôture, et ont été consultés séparément pendant les deux jours de réunion.

Peter van Walsum y rappelait que s'il s'était « félicité du climat positif qui avait présidé aux négociations », « cela ne suffisait pas pour mener à bien un processus de négociations ».

« Mais on peut dire qu'il s'est agi d'une première étape positive. Et on a déjà décidé d'une deuxième étape puisqu'il y aura une autre réunion à Manhasset les 10 et 11 août », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la suppression du rapport de trois paragraphes contenant des « observations et recommandations », qui a conduit à sa republication, Peter van Walsum a souligné qu'il ne « fallait pas y voir plus qu'un problème de calendrier » et d'une décision d'être plus discret sur les négociations.

A la question de savoir s'il existait toujours sur la table deux projets « viables et légitimes » de la part de chaque partie, l'Envoyé personnel a souligné qu'en définitive « le Conseil de sécurité avait pris note des deux projets », et confirmé « qu'à Manhasset, les deux projets étaient sur la table ».

A l'issue de l'exposé à huis clos de l'Envoyé personnel du Secrétaire général, l'ambassadeur des Etats-Unis, Jackie Wolcott Sanders, a déclaré devant la presse « qu'une autonomie significative constituerait un pas en avant réaliste et prometteur sur la question du Sahara occidental » (webcast)

« L'initiative du Maroc pourrait fournir un cadre réaliste pour commencer les négociations sur un plan qui prévoirait une véritable autonomie, à condition qu'elle soit acceptée par les populations locales », a ajouté l'ambassadeur des Etats-Unis.

Elle a aussi noté que « l'initiative du Maroc était flexible et qu'elle prévoyait un référendum, ainsi que l'exige le principe d'autodétermination » du peuple du Sahara occidental.

Interrogé sur le fait que les Etats-Unis acceptaient « pour la première fois » la question de l'autonomie, elle a souligné « que cette question relevait des parties ».

« Nous soutenons un progrès » dans les négociations, a-t-elle ajouté.

La récente résolution 1754 (2007) du Conseil de sécurité qui a présidé à la reprise souligne que le Conseil « n'imposerait pas une solution à la question du Sahara occidental mais qu'il tenait à aider les parties à trouver une solution politique mutuellement acceptable qui permettrait d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Le Sahara occidental est un territoire de la côte Nord-Ouest de l'Afrique, limitrophe du Maroc, de la Mauritanie et de l´Algérie. Il était sous administration espagnole jusqu´en 1976. Le Maroc et la Mauritanie l'ont tous deux revendiqué, revendication à laquelle s´oppose le Front populaire pour la libération de la Saguía-el-Hamra et du Río de Oro, dit Front POLISARIO.

Les Nations Unies ont cherché un règlement de la question du Sahara occidental depuis que l´Espagne s´est retirée du territoire en 1976 et que, suite à cela, des combats ont éclaté entre le Maroc - qui a décidé de "réintégrer" le Sahara occidental à son territoire - et le Front POLISARIO, soutenu par l'Algérie. La Mauritanie a quant à elle renoncé à toute prétention sur le Sahara occidental en 1979.

A la suite d'un accord auxquels sont parvenus le Gouvernement du Maroc et le Front POLISARIO, la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a été déployée en septembre 1991 afin de surveiller le cessez-le-feu et d´organiser un référendum qui permettrait aux habitants du Sahara occidental habilités à voter de décider du statut futur du territoire.

Un.org

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